Compétences, formation et travail :
une évolution permanente

Introduction

Dans le monde du travail, le terme compétence est devenu omniprésent. On parle de développement des compétences, de montée en compétences, de compétences techniques ou comportementales… Mais que signifie réellement ce mot ? A-t-il toujours existé sous cette forme ?

Derrière la notion de compétence se cachent d’autres concepts essentiels : tâche, activité et formation. Ces éléments structurent le travail et influencent la manière dont les individus apprennent et évoluent dans leur métier. Aujourd’hui, avec l’évolution des pratiques professionnelles et l’émergence de nouvelles méthodes d’apprentissage comme l’AFEST (Action de Formation en Situation de Travail), il est plus que jamais essentiel de clarifier ces notions et de comprendre comment elles interagissent.

 

1. La notion de compétence : une construction historique

La compétence n’a pas toujours été au cœur des préoccupations professionnelles. Son évolution est liée aux transformations du travail et des modes d’apprentissage.

Du compagnonnage à l’apprentissage en entreprise

Au Moyen Âge, les artisans travaillaient au sein de corporations. Un apprenti passait plusieurs années sous la tutelle d’un maître avant de devenir compagnon, puis maître à son tour. L’apprentissage était entièrement intégré au travail : l’acquisition des compétences se faisait par l’observation, la répétition et la correction des erreurs. On ne parlait pas encore de « formation » ou de « qualification », mais de transmission des savoir-faire.

L’ère industrielle : la séparation entre travail et formation

Avec la révolution industrielle, le modèle artisanal laisse place à l’usine et à la division du travail. Les tâches sont standardisées, simplifiées et répétitives. L’ouvrier exécute des gestes précis, sans forcément comprendre l’ensemble de l’activité. Dans ce contexte, la notion de qualification prend le pas sur celle de compétence : l’important est d’être apte à occuper un poste déterminé, souvent avec un diplôme comme prérequis.

Parallèlement, l’école devient le principal lieu d’apprentissage, éloignant la formation du travail réel. Les compétences se développent principalement en dehors de l’entreprise, puis sont appliquées en situation professionnelle.

L’essor des compétences et de la formation continue

À partir des années 1970, les transformations économiques et technologiques accélèrent l’évolution des métiers. Il ne suffit plus d’être qualifié pour un poste précis : il faut être capable de s’adapter, d’évoluer, de développer de nouvelles compétences en fonction des besoins de l’entreprise. La formation continue devient alors un levier essentiel pour accompagner ces changements.

C’est dans ce contexte que la notion de compétence prend toute son importance : il ne s’agit plus seulement de savoir, mais de savoir-faire et de savoir-être en situation réelle.

 

2. Différencier tâche, activité, compétence et formation

Pour mieux comprendre la notion de compétence, il est important de distinguer quatre éléments clés du travail :

  • La tâche : Il s’agit d’une action précise et délimitée, souvent répétitive. Par exemple, scanner un article en caisse, remplir un bon de commande ou assembler une pièce sur une chaîne de production.

  • L’activité : Une tâche n’a de sens que dans le cadre d’une activité plus large. Par exemple, encaisser un client ne se résume pas à scanner des articles : cela inclut aussi l’accueil, la gestion des litiges, le conseil et la relation client.

  • La compétence : C’est la capacité à mobiliser des savoirs et savoir-faire pour accomplir une activité de manière efficace et adaptée à la situation. Par exemple, un bon caissier ne fait pas que scanner des articles : il sait gérer la pression, interagir avec les clients, adapter son discours.

  • La formation : C’est le processus qui permet d’acquérir, renforcer ou adapter ces compétences. Elle peut être formelle (cours, certifications) ou informelle (apprentissage sur le terrain, auto-formation, accompagnement par un tuteur).

 

3. L’AFEST : un modèle d’apprentissage en situation réelle

Face à l’évolution rapide des métiers et des compétences, un retour à une formation intégrée au travail apparaît comme une solution pertinente. C’est là qu’intervient l’AFEST (Action de Formation en Situation de Travail).

Qu’est-ce que l’AFEST ?

L’AFEST repose sur un principe simple : apprendre en faisant. Contrairement à une formation classique en salle, l’apprenant développe ses compétences directement sur son lieu de travail, en réalisant ses tâches habituelles sous l’accompagnement d’un formateur ou tuteur. Cette méthode combine :

  1. Une mise en situation de travail réelle, où l’apprenant exécute des tâches sous observation.

  2. Une phase réflexive, où il analyse son geste, comprend ses erreurs et identifie des axes d’amélioration.

  3. Un accompagnement, avec un formateur qui guide l’apprentissage et ajuste les objectifs au fur et à mesure.

Pourquoi l’AFEST est-elle efficace ?

L’AFEST permet de répondre aux défis actuels de la formation :

  • Un apprentissage ancré dans la réalité : Loin d’un cadre théorique, l’apprenant acquiert des compétences immédiatement utiles pour son travail.

  • Une meilleure adaptation aux besoins des entreprises : Plutôt que de suivre des formations généralistes, les salariés développent des compétences directement en lien avec leur activité.

  • Un engagement plus fort des apprenants : En étant acteurs de leur formation, les professionnels assimilent mieux et plus rapidement.

 

Conclusion : Vers un apprentissage en continu

L’histoire du travail montre que la formation et le développement des compétences ont toujours évolué en fonction des besoins des entreprises et des individus. Après une séparation nette entre travail et formation durant l’ère industrielle, nous assistons aujourd’hui à un rapprochement, où l’apprentissage redevient une partie intégrante de l’activité professionnelle.

L’IFPA accompagne cette évolution en proposant des formations adaptées aux réalités du terrain, notamment à travers l’AFEST, qui redonne à l’apprentissage son rôle naturel : se former en travaillant, travailler en se formant.

Finalement, la compétence est-elle un état ou un mouvement ? Peut-on dire qu’on « détient » une compétence, ou doit-on sans cesse l’entretenir et l’adapter ? Une chose est sûre : dans un monde professionnel en perpétuelle transformation, apprendre ne s’arrête jamais.